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Résidence – Nes Artist Residency

22 septembre 2015

Résidence – NES Artist Residency, Islande, du 1er novembre au 31 décembre 2015.

L’objectif de ma recherche à NES artist residency était d’approfondir la question de la matérialité de la forme virtuelle à travers un projet interrogeant le concept de l’entropie, entendu ici comme la mesure de ce qui a été perdu et des transformations qui ne peuvent plus être renversées.  Dans le cadre de ce projet, j’étais intéressé plus particulièrement à la création d’une esthétique qui peut s’agencer avec la notion de maladie et plus globalement avec le concept de perte ou de dégradation.

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Durant mon séjour de 2 mois en Islande, j’ai donc créé une série de sculptures, soit sept obélisques fabriqués en carton robuste et recouverts de papier de soie doré que j’ai installé à l’extérieur dans différents endroits autour de la ville de Skagaströnd.  J’ai choisi chacun de ces lieux en fonction de ce qu’ils exprimaient le plus selon moi : le caractère sublime du paysage et l’absence totale de signes de présence humaine. Durant les deux premières semaines de mon séjour j’ai donc procédé à l’assemblage de mes sculptures que j’avais préalablement découpées à Montréal avant mon départ. J’ai par la suite recouvert chacune d’elle de papier de soie à l’aide de colle à tapisserie. Parallèlement à ce travail j’ai effectué plusieurs déplacements exploratoires autour du village de Skagaströnd afin d’identifier des lieux susceptible d’accueillir  mes sculptures.

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C’est à la mi-novembre que j’ai commencé à installer mes monuments à l’extérieur. Avant mon départ, je m’inquiétais du fait de ne pouvoir observer que peu de transformation sur mes sculptures. J’imaginais mes monuments dans le climat québécois résistant aux intempéries qui nous sont familières. La réalité du climat Islandais avec la force des éléments, principalement le vent et le caractère imprévisibles de celui-ci, fut le facteur que j’avais sous-estimé le plus. C’est donc à pied que je me suis rendu sur les lieux que j’avais identifiés pour installer mes sculptures une à une. Pour les stabiliser, je remplissais la base de chacune d’elle de pierres trouvées sur les lieux. J’avais prévu observer et documenter la détérioration de chacune de mes sculptures sur une période d’un mois. Je me suis vite rendu compte qu’il n’en serait pas ainsi. Le vent était d’une telle violence que l’ensemble de mes structures n’ont pas résisté plus de quelques jours. J’ai rapidement pris conscience  de l’importance pour moi d’être à l’affût des conditions météorologiques. Je me suis donc concentrer sur l’importance de choisir des jours où la météo était plus clémente pour l’installation et j’ai réduit la période d’observation à dix jours.

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D’autres perspectives conceptuelles resteront à explorer, comme le potentiel symbolique d’œuvre ou j’interférerais dans le processus de dégradation de mes sculptures afin d’en ralentir l’évolution. Cette avenue m’apparait intéressante car elle touche à la question de l’adaptation.   Un projet qui pourrait prendre la forme d’une œuvre habitable, pouvant être réparé et adapté sur une période de temps donnée. Dans le contexte d’une résidence futur, je voudrais aussi explorer le potentiel de mon travail en intégration avec l’espace urbain où le public pourrait éventuellement être impliqué dans la destruction des œuvres.

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Monument #04

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Monument #05

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Je reviens donc satisfait de mon expérience et du matériel photographique et des séquences vidéos que je rapporte avec moi.  Je suis plus que jamais persuadé que je gagnerais à répéter l’expérience dans un nouveau contexte avec les acquis que j’ai réalisé durant cette résidence.

Mon projet en Islande, m’a confronté aussi à mes propres limites : la météo imprévisibles et sans compromis, les chutes de neiges et les vents violents ont rendu mon travail physiquement très exigeant. J’ai dû réaliser de nombreux déplacements à pied dans des conditions météorologiques difficiles, rendant mes déplacements et mon travail sur le terrain plus exigeant que prévu et souvent limitant ma journée à la visite d’un seul monument.

J’ai aussi trouvé l’Islande magnifique et ces habitants forts sympathiques, j’aimerais avoir la possibilité d’y retourner.